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Tendances

L’amour entre deux femmes après 50 ans : tendance ou encore tabou ?

Par Florence

Visuel de l’article : « L’amour entre deux femmes après 50 ans : tendance ou encore tabou ? », titre surligné en jaune sur fond crème, à côté de deux anneaux framboise et bordeaux entrelacés.

Tu savais que 13,4 % des femmes déclarent avoir déjà été attirées par une autre femme au cours de leur vie1 ?

L’amour entre deux femmes, c’est de cela qu’on parle ici. Pas seulement l’attirance : aimer, vivre à deux, s’afficher.

Et passé 50 ans, c’est tendance ou tabou ?

Un peu des deux. On en parle plus librement qu’avant, mais beaucoup s’aiment encore discrètement.

Ce qu’il faut retenir

  • On parle de plus en plus librement de l’amour entre femmes, et de plus en plus de femmes l’envisagent.
  • Plusieurs chemins coexistent : aimer les femmes depuis toujours, ou s’y ouvrir plus tard, parfois après un mariage hétéro…
  • Aimer une femme après 50 ans, ce n’est plus tabou.
  • Certaines vivent cet amour au grand jour, d’autres le gardent secret.

L’amour entre deux femmes, une parole qui se libère

Ce que les enquêtes captent, c’est une parole qui se desserre : les femmes sont de plus en plus nombreuses à nommer ce qu’elles ressentent.

D’après l’enquête nationale Contexte des sexualités en France (CSF-2023), menée par l’Inserm et l’ANRS, 13,4 % des femmes déclarent avoir déjà été attirées par une autre femme au cours de leur vie1.

Infographie : une parole qui se desserre. Personnes de 18 à 89 ans déclarant avoir déjà été attirées par une personne de même sexe : 13,4 % des femmes, soit une femme sur sept environ à l’échelle du pays, et 7,6 % des hommes. Une attirance déclarée n’est pas une vie de couple. Source : enquête CSF-2023, Inserm-ANRS, premiers résultats, 2024.

Cette parole gagne du terrain à chaque enquête. Au sein de l’INED, le démographe Wilfried Rault et son équipe observent, à partir de l’enquête EPIC, que les attirances et les expériences entre personnes de même sexe se déclarent plus souvent qu’avant, et que les femmes les disent plus volontiers2.

Elle se voit aussi à l’écran et dans les familles. Des amours entre femmes qu’on taisait hier se racontent aujourd’hui dans les séries, les romans, les conversations de dîner.

De plus en plus de femmes osent le dire.

Tomber amoureuse d’une femme : depuis toujours ou plus tard ?

Tomber amoureuse d’une femme après 50 ans est possible, et ce n’est ni rare ni réservé à celles qui le savaient depuis toujours.

Il y a les femmes qui ont toujours aimé les femmes. Certaines l’ont vécu tôt et librement. D’autres ont composé longtemps avec une vie plus conventionnelle, un mari, parfois des enfants, avant de découvrir ou de s’autoriser à vivre pleinement une autre voie.

Pour celles-là, le mariage avec un homme a parfois été un passage attendu d’une époque. Retrouver une femme, c’est alors revenir à soi, bien plus que de se réinventer.

La sociologue Natacha Chetcuti a recueilli de nombreux récits de vie dans Se dire lesbienne (Payot & Rivages, 2010). Elle s’intéresse au coming out, et montre que la mise en couple est souvent le moment où une femme se révèle en tant que telle3.

Il y a les femmes qui le savaient depuis toujours, et celles qui s’ouvrent à cet amour plus tard, sans l’avoir toujours anticipé. La psychologue américaine Lisa Diamond, dans Sexual Fluidity (2008)4, a suivi des femmes pendant plus de dix ans et décrit un désir féminin qui peut se déplacer au fil des rencontres et des saisons de la vie.

Une rencontre à 52 ou à 68 ans a la même valeur qu’à tout autre âge. Elle arrive souvent quand on l’attend le moins, au détour d’une amitié, d’un voyage, d’une soirée où l’on pensait seulement passer un bon moment.

Aimer une femme passé 50 ans ne fait pas de ton passé un mensonge. Les deux histoires sont vraies.

Le témoignage de Magali, 51 ans, publié sur le blog d’Élodie Garnier, raconte ce second chemin5. Attirée par les femmes vers 43 ans, divorcée à 46, elle rencontre une femme à 48.

Si tu te demandes encore si ce que tu ressens est une attirance ou une curiosité, c’est un autre sujet, celui de notre article « attirée par une femme après 50 ans ». Ici, on parle de l’amour une fois qu’il est là.

Désirer une femme ? Si l’idée t’intrigue, passe le quiz.

Aimer une femme après un mariage avec un homme : ce qui change, ce qui ne change pas

Aimer une femme après avoir été mariée à un homme n’a rien d’une contradiction.

Les trajectoires de vie se sont allongées, les séparations tardives se sont multipliées. Dans Population & Sociétés (INED, février 2021), la chercheuse Anne Solaz montre que les divorces impliquant une femme de plus de 50 ans sont passés de 11 % en 1996 à 29 % en 20166. On se quitte plus tard, on recommence plus tard.

Infographie : se quitter plus tard, recommencer plus tard. Part des divorces impliquant une femme de plus de 50 ans : 11 % en 1996, 29 % en 2016, soit près de trois fois plus en vingt ans. Ces chiffres disent quand on se quitte, pas qui on aime ensuite. Source : Ined, Anne Solaz, Population & Sociétés n° 586, 2021 (tableau 1, données du ministère de la Justice).

Aux États-Unis, une analyse du Williams Institute relayée en 2010 observait que, parmi les femmes vivant avec une partenaire, la proportion de celles ayant déjà été mariées à un homme augmente avec l’âge7.

Ce qui change, c’est surtout le décor. Le regard des proches, d’abord, qui met parfois du temps à suivre. Celui des enfants devenus grands, qui s’inquiètent souvent moins qu’on ne le craint. La façon, aussi, d’habiter le couple quand on l’a déjà fait une fois, autrement.

Pour certaines, c’est une lassitude des schémas d’avant, installée bien avant la rencontre, qui trouve soudain une issue.

Ce décor nouveau s’apprivoise. Les proches s’habituent souvent plus vite qu’on ne l’imagine, et ce qui ressemblait à un grand saut devient, au fil des mois, une vie comme une autre.

Ce qui ne change pas, c’est l’envie de partager, de rire, de désirer.

Pourquoi l’amour entre femmes se vit-il encore parfois discrètement ?

L’amour entre deux femmes est moins tabou qu’il y a vingt ans. Il se vit pourtant encore parfois dans la discrétion.

On en parle à la télévision, au cinéma, dans les familles, mais des femmes continuent d’aimer à voix basse. Wilfried Rault, qui étudie ces trajectoires à l’INED, parle d’une tension entre reconnaissance et invisibilité : l’amour entre femmes est mieux admis en principe, mais reste peu visible dans beaucoup de vies2.

Beaucoup de femmes d’au moins 50 ans ont grandi à une époque où l’on n’en parlait pas, dans les familles comme à l’école. Cette prudence apprise jeune ne s’efface pas d’un coup, même quand le regard de la société, lui, a changé.

Les raisons de la discrétion sont rarement spectaculaires : la crainte du regard d’un voisinage, d’un milieu professionnel, d’amies de longue date. Parfois une famille dont on redoute les silences. Le dire, l’afficher, en parler autour de soi demande une énergie que toutes n’ont pas envie de dépenser au même moment.

Le silence n’est pas toujours de la honte. C’est parfois juste le temps qu’on se donne, ou le jardin secret qu’on aime cultiver.

Une femme qui choisit la discrétion avance à son rythme : elle protège sa tranquillité, elle décide qui sait et quand. L’essentiel, c’est que ce choix lui appartienne.

Chaque femme qui vit son amour au grand jour rend pourtant le chemin un peu plus simple pour la suivante. La visibilité se gagne comme cela, par petites audaces ordinaires : un dîner, une photo, une main tenue dans la rue.

Aimer une femme au grand jour : en parler, vivre en couple, trouver son rythme

En parler à ses proches ne suit aucune règle : à toi de choisir à qui, quand et comment.

Certaines commencent par une amie de confiance, d’autres par un enfant adulte, d’autres laissent la vie faire les présentations. La bonne méthode, c’est la tienne.

En parler à ses enfants

Quand il y a des enfants, même adultes, la question revient souvent en premier. Beaucoup de femmes la redoutent, et beaucoup sont surprises : un enfant s’inquiète surtout de voir sa mère heureuse.

Rien n’oblige à tout dire d’un coup, ni à se justifier. Une phrase simple, au bon moment, ouvre souvent la conversation mieux qu’un grand discours préparé.

Aimer une femme : ce que beaucoup découvrent

Ce que des femmes disent découvrir, c’est une écoute, une complicité, un désir qui s’assume.

Le quotidien, lui aussi, se rééquilibre. Dans un travail récent de l’INED, Gaëlle Meslay, Wilfried Rault et Anne Solaz montrent que les tâches de la maison se répartissent en moyenne plus équitablement dans les couples de même sexe que dans les couples d’une femme et d’un homme, et plus encore entre femmes8. Aimer une femme, pour beaucoup, c’est donc aussi partager la charge de la vie quotidienne autrement. C’est l’occasion de redéfinir ce qu’on attend d’une relation. Si tu as passé des années à t’occuper des autres, la question n’est plus seulement « est-ce que je l’aime ? », mais « qu’est-ce que je veux, cette fois ? ».

La réponse t’appartient. Si elle te chatouille, passe le quiz.

Vivre en couple avec une femme : le toit, les copines, les week-ends

Être en couple avec une femme ne veut pas forcément dire partager le même toit.

Beaucoup de femmes d’au moins 50 ans inventent des façons d’aimer plus libres : chacune chez soi, des retrouvailles choisies, une autonomie qu’on garde. C’est ce qu’on appelle le couple non cohabitant, et on en a parlé à propos d’aimer sans partager le même toit.

Autour du couple, il y a aussi la bande : les amies, la sororité, les dimanches qu’on ne passe pas toujours à deux.

Cette bande de copines compte autant que le couple. Une voisine avec qui partir quelques jours, des amies retrouvées, un groupe qui se forme autour d’une passion commune : la vie amoureuse s’inscrit dans un cercle plus large, et c’est souvent ce cercle qui donne envie d’aimer encore.

Envie de rencontrer des femmes qui te ressemblent, pour une amitié, une complicité ou un grand amour ? Suis l’aventure Boom-Boom Rencontres : reçois nos rendez-vous, nos histoires et l’ouverture du club par e-mail, en avant-première.

Le désir, à ton rythme

Le désir ne suit pas de calendrier. Il change de tempo, il choisit ses moments, et il a toute sa place passé 50 ans.

Dans Il n’y a pas d’âge pour jouir ! (Larousse, 2020), la psychanalyste Catherine Grangeard rappelle, à partir de ce qu’elle entend en consultation, que le plaisir des femmes ne s’arrête pas à une date9. Entre femmes, beaucoup décrivent une attention au rythme de l’autre, une tendresse qui prend son temps.

Ce que tu as envie d’explorer, et à quel moment, ne regarde que toi. Il n’y a pas de programme à suivre, seulement le tien.

En France, on peut se marier entre femmes depuis 2013

Une femme peut épouser une femme en France depuis la loi du 17 mai 2013, qui a ouvert le mariage aux couples de personnes de même sexe10. Ces mariages font partie du paysage : l’Insee les décompte chaque année11.

Avant 2013, le Pacs, créé en 1999, était déjà une façon de s’unir. Il existe toujours, avec d’autres effets sur le patrimoine et la succession.

L’âge pour se marier ne dépend pas du sexe de la personne qu’on épouse : 18 ans, comme pour tout mariage. Pour les démarches, un notaire ou le service d’état civil de la mairie renseigne.

En France, on peut se marier entre femmes depuis 2013

Films et livres sur l’amour entre femmes

Voici quelques exemples de films inspirants :

  • Carol, de Todd Haynes (2015), d’après le roman de Patricia Highsmith : une histoire d’amour dans les années 1950, où l’une des femmes quitte une vie conjugale balisée.
  • Portrait de la jeune fille en feu, de Céline Sciamma (2019) : un amour qui naît du regard que deux femmes posent l’une sur l’autre.
  • Ammonite, de Francis Lee (2020), avec Kate Winslet et Saoirse Ronan.
  • Cloudburst, de Thom Fitzgerald (2011) : un couple de femmes âgées, ensemble depuis des décennies, prend la route. Rare, parce qu’il montre l’amour entre femmes à l’âge où le cinéma l’oublie.
  • Gazon maudit, de Josiane Balasko (1995) : une comédie culte où une femme au foyer, mariée, voit sa vie bousculée par l’arrivée d’une femme. Le ton est léger, le sujet ne l’est pas.

Côté lectures, deux essais américains explorent l’amour et le désir des femmes après 50 ans : Sex and the Seasoned Woman, de Gail Sheehy (2006)12, et Still Sexy After All These Years?, de Leah Kliger et Deborah Nedelman (2006)13. En français, on peut relire la sociologue Natacha Chetcuti, Se dire lesbienne (Payot & Rivages, 2010)3, qui donne longuement la parole aux femmes.

Et toi, qu’est-ce que tu as envie d’aimer ?

On en parle davantage, on le vit encore parfois tout bas. Entre les deux, il y a toi, tes envies, ton rythme. Qu’en penses-tu ?

Aimer une femme, c’est une nouvelle porte qui s’ouvre, à toi de voir si tu as envie d’y jeter un œil.

Et si tu veux y voir plus clair sans te prendre au sérieux, passe le quiz.

Envie d’aller plus loin ?

Pas encore prête à te poser la question ? Suis simplement l’aventure Boom-Boom Rencontres par e-mail et viens nous découvrir à ton rythme.

Je passe le quiz

L’amour entre deux femmes après 50 ans : tes questions

Est-ce courant de tomber amoureuse d’une femme après 50 ans ?

Tomber amoureuse d’une femme après 50 ans est très courant, et des récits publiés le montrent. Certaines femmes ont toujours aimé les femmes, d’autres le découvrent plus tard, parfois après un mariage avec un homme. La psychologue Lisa Diamond décrit un désir féminin qui peut évoluer au fil de la vie4.

L’amour entre deux femmes est-il encore tabou ?

Moins qu’avant : on en parle plus librement et de plus en plus de femmes l’envisagent. Beaucoup le vivent encore discrètement, par crainte du regard des proches, du voisinage ou du milieu professionnel.

Une femme peut-elle se marier avec une femme en France ?

Une femme peut épouser une femme en France depuis la loi du 17 mai 2013, qui a ouvert le mariage aux couples de personnes de même sexe10. L’âge minimal est le même que pour tout mariage, 18 ans. Pour les démarches, un notaire ou le service d’état civil de la mairie renseigne.

Notes

  1. Enquête Contexte des sexualités en France (CSF-2023), Inserm et ANRS-MIE, premiers résultats, 2024 : 13,4 % des femmes et 7,6 % des hommes de 18 à 89 ans déclarent avoir déjà été attirés par une personne du même sexe au cours de leur vie ; 32,3 % chez les femmes de 18 à 29 ans. La page officielle (s’ouvre dans un nouvel onglet) (opens in a new tab) · Le rapport (s’ouvre dans un nouvel onglet) (opens in a new tab)
  2. Wilfried Rault et l’équipe de l’enquête EPIC (INED-Insee, 2013-2014), « Homosexualité, bisexualité : les apports de l’enquête Étude des parcours individuels et conjugaux », Population, 2019 : les déclarations d’attirances et d’expériences de même sexe augmentent au fil des enquêtes, et davantage chez les femmes. L’article (Cairn) (s’ouvre dans un nouvel onglet) (opens in a new tab)
  3. Natacha Chetcuti, Se dire lesbienne : vie de couple, sexualité, représentation de soi, préface de Michel Bozon, Payot & Rivages, 2010. Présentation de l’éditeur (s’ouvre dans un nouvel onglet) (opens in a new tab)
  4. Lisa M. Diamond, Sexual Fluidity: Understanding Women’s Love and Desire, Harvard University Press, 2008.
  5. Témoignage de Magali, 51 ans, Strasbourg, publié sur le blog d’Élodie Garnier (mis à jour le 20 février 2025). Récit illustratif, non généralisable. Le témoignage (s’ouvre dans un nouvel onglet) (opens in a new tab)
  6. Anne Solaz, Population & Sociétés n° 586, INED, février 2021 : les divorces impliquant une femme de plus de 50 ans représentaient 11 % des divorces en 1996 et 29 % en 2016. L’étude de l’INED (s’ouvre dans un nouvel onglet) (opens in a new tab)
  7. Analyse du Williams Institute (UCLA) sur les données du recensement américain, relayée par The Philadelphia Inquirer, 27 janvier 2010. États-Unis, 2010. L’article (s’ouvre dans un nouvel onglet) (opens in a new tab)
  8. Gaëlle Meslay, Wilfried Rault et Anne Solaz, Population & Sociétés n° 647, INED, septembre 2026 : les tâches domestiques sont en moyenne réparties plus équitablement dans les couples de même sexe que dans les couples de sexe différent, en particulier chez les femmes. L’étude de l’INED (s’ouvre dans un nouvel onglet) (opens in a new tab)
  9. Catherine Grangeard, Il n’y a pas d’âge pour jouir !, Larousse, 2020.
  10. Loi n° 2013-404 du 17 mai 2013 ouvrant le mariage aux couples de personnes de même sexe. Le texte sur Légifrance (s’ouvre dans un nouvel onglet) (opens in a new tab)
  11. Insee, statistiques « Mariages et Pacs », qui distinguent les unions entre partenaires de même sexe. La page de l’Insee (s’ouvre dans un nouvel onglet) (opens in a new tab)
  12. Gail Sheehy, Sex and the Seasoned Woman: Pursuing the Passionate Life, Random House, 2006.
  13. Leah Kliger et Deborah Nedelman, Still Sexy After All These Years? The 9 Unspoken Truths About Women’s Desire Beyond 50, Perigee/Penguin, 2006.