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Les données

Attirée par une femme après 50 ans : une curiosité plus répandue qu’on ne le dit

Par Florence et Coralie, le

Tu as peut-être tapé « attirée par une femme » un soir, à voix basse, puis effacé l’onglet. Sache déjà une chose : d’après l’enquête nationale CSF-2023, 13,4 % des femmes de 18 à 89 ans déclarent avoir déjà été attirées par une personne de même sexe au cours de leur vie.

Ce que les enquêtes ne disent pas, c’est un chiffre propre aux femmes d’au moins 50 ans : il n’en existe aucun. Ce qu’elles disent, en revanche, c’est que cette curiosité est bien plus courante qu’on ne le raconte, à tous les âges, et qu’elle n’oblige à rien.

Ce qu’il faut retenir

  • D’après la CSF-2023 (Inserm-ANRS), 13,4 % des femmes de 18 à 89 ans déclarent avoir déjà été attirées par une personne de même sexe, contre 7,6 % des hommes ; c’est 32,3 % chez les femmes de 18-29 ans.
  • D’après l’Ifop pour Référence Sexe, 18 % des Françaises (tous âges) disaient en 2016 avoir déjà été attirées par une femme, contre 6 % en 2006.
  • Aucune enquête ne chiffre cette attirance chez les femmes d’au moins 50 ans : ce qu’on sait ne dit rien de ton âge en particulier, et surtout pas qu’elle serait plus fréquente passé 50 ans.
  • Une attirance n’est pas une identité : être troublée par une amie, une actrice, une inconnue au café n’appelle aucune étiquette.
  • Même en couple, même mariée, cette curiosité existe et ne se range dans aucune case : si un jour un mot te convient, c’est toi qui le choisis.

Une attirance plus fréquente qu’on ne le croit

Commençons par les chiffres, puisque c’est notre rubrique. D’après l’enquête Contexte des sexualités en France 2023, menée par l’Inserm et l’ANRS, 13,4 % des femmes de 18 à 89 ans déclarent avoir déjà été attirées par une personne de même sexe au cours de leur vie, contre 7,6 % des hommes. C’est une femme sur sept environ, à l’échelle du pays.1

Ce taux grimpe nettement chez les plus jeunes : 32,3 % des femmes de 18 à 29 ans le déclarent. L’attirance se dit donc plus volontiers quand on a grandi dans une époque qui en parle. Garde ce point en tête : il va compter pour la suite.

Infographie : personnes déclarant avoir déjà été attirées par une personne de même sexe. De 18 à 89 ans, 13,4 % des femmes, soit une femme sur sept environ, et 7,6 % des hommes ; 32,3 % des femmes de 18 à 29 ans. Aucun chiffre n’est publié pour les femmes d’au moins 50 ans. Source : enquête Contexte des sexualités en France 2023 (CSF-2023), Inserm-ANRS, premiers résultats, 2024.

L’Ifop, qui compare ses résultats à des enquêtes plus anciennes, relève la même progression sur le temps long. Pour Référence Sexe, 18 % des Françaises déclaraient en 2016 avoir déjà été attirées sexuellement par une femme, contre 11 % en 2009 et 6 % en 2006. Chez les moins de 25 ans, la part atteignait 24 %. Ce n’est donc pas une attirance qui augmenterait avec l’âge : c’est une attirance qu’on ose de plus en plus nommer, génération après génération.2

Infographie : part des Françaises de tous âges déclarant avoir déjà été attirées sexuellement par une femme : 6 % en 2006, 11 % en 2009, 18 % en 2016 ; 24 % chez les moins de 25 ans en 2016. Les années ne reposent pas sur la même enquête : à lire comme une tendance. Aucun chiffre n’est publié pour les femmes d’au moins 50 ans. Source : Ifop pour Référence Sexe, enquête de décembre 2016.

Une femme sur sept, à l’échelle du pays, a déjà connu ce trouble. Tu n’es pas une exception : tu es dans la statistique.

Ces deux enquêtes partagent une limite qu’il faut dire tout de suite, parce qu’elle est le cœur de cet article. Aucune ne publie de chiffre pour les femmes d’au moins 50 ans. La CSF compte de 18 à 89 ans ; l’Ifop compte tous âges confondus. Si tu cherches un pourcentage qui te concernerait précisément, toi et tes amies de la même génération, il n’existe pas. Nous ne l’inventerons pas.

Cette curiosité, pourtant, s’inscrit dans un paysage que nos lectrices connaissent bien : celui des femmes seules après 50 ans, ces millions de femmes qui, veuves, divorcées ou en couple à leur façon, redessinent librement ce qu’elles veulent de l’amour. Le trouble pour une autre femme fait partie de ces questions nouvelles qui arrivent quand plus personne n’organise ta vie à ta place.

Entre attirance et passage à l’acte : l’écart

Ressentir n’est pas agir, et les enquêtes le montrent clairement. La donnée la plus fine sur ce point vient de l’Ifop pour Nouslib, en 2026, mais attention : elle porte sur 1 004 jeunes de 15 à 29 ans, pas sur notre cible. Chez les femmes de moins de 30 ans, 27 % se disent déjà attirées par une femme, 18 % ont franchi le pas, et près d’une sur dix a ressenti cette attirance sans jamais la concrétiser.3

Retiens surtout ce dernier chiffre, valable pour une génération entière : une large part de celles qui ressentent n’agissent pas, et c’est parfaitement normal. L’attirance peut rester un trouble, une rêverie, une question qu’on garde pour soi. Elle n’exige aucune suite.

Entre un frisson et une histoire, il y a tout un espace. Tu as le droit d’y rester aussi longtemps que tu veux.

Pour les femmes d’au moins 50 ans, là encore, aucun chiffre ne mesure cet écart entre désir et passage à l’acte. Mais la logique vaut à tout âge : sentir quelque chose ne t’engage à rien. Beaucoup de femmes vivent très bien avec une curiosité qu’elles n’ont jamais explorée, et d’autres décident un jour d’aller voir. Les deux chemins sont les tiens.

Et si l’idée te trotte dans la tête sans que tu saches trop quoi en faire, le quiz de Boom-Boom Rencontres la pose avec le sourire : l’homme de ta vie pourrait-il être une femme ? Six questions, aucune case à cocher définitive.

Ce qu’on sait, ce qu’on ne sait pas

C’est la section la plus importante de cet article, parce que c’est celle où l’on dit la vérité sur les limites des chiffres.

Ce qu’on sait : l’attirance entre femmes se déclare de plus en plus, à l’échelle du pays ; elle touche une part réelle de la population féminine ; et elle est bien plus souvent nommée par les jeunes générations, qui ont grandi avec les mots pour la dire.

Ce qu’on ne sait pas : combien de femmes d’au moins 50 ans la ressentent. Aucune enquête française n’isole cette tranche d’âge pour l’attirance. Les données portent sur l’ensemble des adultes, ou sur les plus jeunes. Tirer un taux pour les femmes mûres serait une invention, et nous n’en ferons pas.

Personne ne peut te dire « vous êtes tant de pour cent à ressentir ça après 50 ans ». Ce chiffre n’existe pas. Ton ressenti, lui, existe.

Une chose est certaine, et elle contredit une idée reçue : les chiffres ne montrent pas que l’attirance entre femmes serait plus fréquente passé 50 ans. Là où l’on dispose de comparaisons par âge, c’est même l’inverse qui ressort pour l’attirance déclarée, plus forte chez les jeunes. Ce que cet article raconte n’est donc pas une poussée du désir avec l’âge. C’est autre chose : la liberté nouvelle de l’écouter.

Pourquoi cette curiosité arrive après des années de vie conventionnelle

Alors pourquoi tant de femmes se posent la question sur le tard ? Pas parce que le désir naîtrait à cet âge, mais parce que la vie, enfin, laisse de la place pour l’entendre.

La psychologue américaine Lisa Diamond a consacré un livre à cette idée, Sexual Fluidity (Harvard University Press, 2008). En suivant une centaine de femmes pendant plus de dix ans, elle décrit un désir féminin qui n’est pas figé une fois pour toutes : il peut se déplacer au fil des étapes de la vie, des rencontres, des circonstances. Non pas une vérité cachée qu’on finirait par déterrer, mais une sensibilité qui bouge.4

Ce mouvement devient souvent visible quand le cadre d’avant se desserre. Après des années de vie conventionnelle, un divorce, un veuvage, un nid vide, parfois une simple fatigue, beaucoup de femmes se retrouvent face à des questions qu’elles n’avaient pas le loisir de se poser. Nous consacrons tout un article à ce basculement, à ce que nous appelons la lassitude des schémas d’avant : quand l’ancien scénario ne fait plus envie, l’attention se tourne ailleurs.

Le désir n’attend pas 50 ans pour exister. C’est le silence autour de lui qui se lève, enfin.

On en trouve une trace jusque dans les chiffres américains. Aux États-Unis, en 2010, le Williams Institute de l’université de Californie a analysé les données du recensement : parmi les femmes vivant avec une partenaire, la part de celles qui avaient déjà été mariées à un homme montait avec l’âge, 36 % chez les quadragénaires, plus de la moitié chez les quinquagénaires, 75 % chez les 60 ans et plus. Autrement dit, beaucoup de ces femmes avaient d’abord vécu une histoire avec un homme. Ce n’est pas un chiffre français, ni une mesure de l’attirance, mais il raconte une chose simple : construire une relation avec une femme après une vie conjugale classique n’a rien d’une rareté.5

Je suis en couple, est-ce normal ?

Parlons franchement d’une situation très fréquente et rarement dite : être mariée, ou en couple, et sentir monter une attirance pour une femme. Beaucoup de lectrices tapent exactement ces mots.

Les enquêtes Ifop ne distinguent pas les femmes selon qu’elles sont en couple ou non, mais elles comptent toutes les femmes, y compris celles qui partagent leur vie avec un homme. Une attirance pour une femme n’efface pas ton histoire, ne disqualifie pas ton couple, ne t’oblige à aucune décision immédiate. Elle est une information sur toi, pas un verdict.

En 2018, l’Ifop pour Référence Sexe mesurait par ailleurs que 16 % des Françaises déclaraient avoir déjà ressenti du désir pour une autre femme. La question était formulée autrement que celle de 2016 (désir plutôt qu’attirance), les deux chiffres ne se comparent donc pas, mais la leçon est la même : ce ressenti est répandu, chez des femmes de toutes situations.6

Une attirance qui te traverse pendant que ta vie continue n’a rien d’une trahison envers toi-même. C’est une part de toi qui demande à être écoutée.

Ce que tu en fais ne regarde que toi. Certaines gardent ce trouble comme un jardin secret. D’autres en parlent, un jour, à la bonne personne. Rien ne presse, et personne ne tient le chrono. Si tu veux juste y voir plus clair sans en parler à âme qui vive, passe le quiz : il écoute ce que tu ressens sans rien te demander de déclarer.

Sans étiquette : que faire de cette curiosité ?

Voici notre position, au club, et elle tient en une phrase : une attirance n’est pas une identité. Être troublée par une amie, une actrice, une inconnue au café ne t’oblige à prendre aucun mot, aucune case, aucun camp.

C’est tout le sens de la fluidité décrite par Lisa Diamond : le désir féminin peut se vivre sans qu’on ait à le figer dans une définition. Et si un jour un mot te convient, c’est toi qui le choisis, à ton heure, pour toi seule.

Deux livres grand public, écrits par et pour des femmes de cette génération, explorent cette idée avec douceur. Dans Still Sexy After All These Years? (Perigee, 2006), Leah Kliger et Deborah Nedelman consacrent un chapitre à des femmes qui n’ont envisagé une relation avec une femme qu’après 50 ans. Et dans Sex and the Seasoned Woman (Random House, 2006), la journaliste Gail Sheehy, à partir d’entretiens avec plus de cent femmes, raconte le regain de désir et les nouvelles amours qui arrivent passé 50 ans. Ce sont des pistes de lecture, pas des preuves chiffrées, mais elles disent une expérience partagée.7

Dans la vraie vie, cette curiosité se vit aussi dans des gestes simples. Élargir ses cercles, multiplier les rencontres, se donner l’occasion de croiser d’autres femmes : des cercles et des week-ends entre femmes, une bande qui se forme autour d’une passion, une amitié qui prend un relief nouveau. On ne décide pas d’être troublée, mais on peut décider de vivre dans un monde où le trouble a de la place.

Tu n’as pas à te définir pour avoir le droit de ressentir. La curiosité se suffit à elle-même.

Et toi, qu’est-ce que tu veux vraiment ?

Les chiffres t’ont donné un cadre : cette curiosité est répandue, elle se dit de plus en plus, et aucune enquête ne la réduit à un taux pour les femmes de ton âge. Au fond, c’est une bonne nouvelle. Ce qui n’est pas mesuré reste entièrement à toi.

Tu n’as rien à prouver, rien à annoncer, rien à décider aujourd’hui. Peut-être que ce trouble restera une rêverie. Peut-être qu’il deviendra une rencontre. Peut-être, simplement, que de l’avoir regardé en face te suffira. Le quiz est une façon douce de commencer, à ton rythme et sans étiquette : l’homme de ta vie pourrait-il être une femme ?

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Attirée par une femme après 50 ans : tes questions

Est-ce normal d’être attirée par une femme après 50 ans ?

C’est banal. D’après la CSF-2023, 13,4 % des femmes de 18 à 89 ans déclarent avoir déjà été attirées par une personne de même sexe. Aucune enquête ne mesure cette attirance uniquement chez les femmes d’au moins 50 ans, mais rien n’indique qu’elle y serait rare.

Je suis mariée et attirée par une femme : qu’est-ce que ça veut dire ?

Qu’une attirance peut traverser une femme en couple sans rien renier de son histoire. Les enquêtes Ifop pour Référence Sexe montrent que ce ressenti se déclare à tous les âges et dans toutes les situations. Il n’appelle aucune décision immédiate et aucune étiquette.

Existe-t-il un chiffre sur l’attirance entre femmes après 50 ans ?

Non. Les enquêtes françaises disponibles comptent l’ensemble des femmes de 18 à 89 ans, ou les plus jeunes, et ne publient aucun taux propre aux femmes d’au moins 50 ans. Se méfier de tout pourcentage présenté comme tel.

Comment savoir ce que je ressens vraiment ?

En t’accordant le temps d’écouter, sans te ranger dans une case. Une attirance n’est pas une identité : si un jour un mot te convient, c’est toi qui le choisis. Le quiz de Boom-Boom Rencontres, en six questions, est une façon douce de commencer.

Notes

  1. Enquête Contexte des sexualités en France 2023 (CSF-2023) (s’ouvre dans un nouvel onglet) (opens in a new tab), Inserm-ANRS, premiers résultats du 13 novembre 2024.
  2. Ifop pour Référence Sexe (s’ouvre dans un nouvel onglet) (opens in a new tab), enquête de décembre 2016 (publiée en janvier 2017) ; commanditaire : un site de contenus pour adultes.
  3. Ifop pour Nouslib (s’ouvre dans un nouvel onglet) (opens in a new tab), étude réalisée en ligne du 14 au 18 mai 2026 auprès de 1 004 personnes de 15 à 29 ans, représentatives de la population française.
  4. Lisa M. Diamond, Sexual Fluidity, Harvard University Press, 2008.
  5. Williams Institute (UCLA), analyse du recensement, reprise par The Philadelphia Inquirer (s’ouvre dans un nouvel onglet) (opens in a new tab), 27 janvier 2010 (États-Unis).
  6. Ifop pour Référence Sexe (s’ouvre dans un nouvel onglet) (opens in a new tab), enquête des 27-28 mars 2018.
  7. Leah Kliger et Deborah Nedelman, Still Sexy After All These Years? (Perigee, 2006) ; Gail Sheehy, Sex and the Seasoned Woman (Random House, 2006).