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Les données

L’essor des espaces entre femmes après 50 ans : cercles, week-ends, voyages

Par Florence et Coralie, le

Tu tapes « cercle de femmes » dans ton moteur de recherche, et tu vois défiler des cercles de parole, des week-ends, des voyages entre femmes, des retraites de sororité. Ce n’est pas une mode : c’est un mouvement de fond, mesurable dans le tourisme, visible jusque dans l’habitat.

Alors pourquoi tant de femmes choisissent, un jour, de se retrouver entre elles ? Les chiffres parlent surtout de voyage, mais ils disent une même envie : souffler, se sentir en sécurité, se retrouver sans avoir à séduire personne.

Ce qu’il faut retenir

  • Les sciences sociales décrivent l’entre-soi des groupes dominés comme un outil pour reprendre des forces, pas comme un repli (Métropolitiques, 2021).
  • Chez Virtuoso, 71 % des clients qui voyagent seuls étaient des femmes en 2024.
  • Le voyagiste Responsible Travel constate +18 % d’intérêt pour ses séjours réservés aux femmes sur trois ans.
  • En France, 78 % des femmes n’avaient jamais voyagé seules hors d’Europe en 2020 (Ifop pour Tourlane).
  • Partir entre femmes à cet âge n’a rien de nouveau : dès 2008, l’âge moyen des participantes d’AdventureWomen se situait entre 50 et 55 ans.

Un mouvement qui prend de l’ampleur

Le signe le plus net vient du voyage. Dans un article paru en août 2025, le magazine National Geographic décrit une offre de séjours entre femmes en pleine expansion1. Le voyagiste Responsible Travel y constate une hausse de 18 % de l’intérêt pour ses séjours réservés aux femmes sur trois ans. Chez Virtuoso, 71 % des clients qui voyagent seuls étaient des femmes en 2024. L’Adventure Travel Trade Association, citée dans le même article, relève une hausse de 230 % du nombre d’entreprises de voyage conçues pour les femmes ces dernières années.

Infographie : les séjours entre femmes séduisent de plus en plus. En 2024, 71 % des clients de Virtuoso qui voyagent seuls sont des femmes ; +18 % d’intérêt pour les séjours réservés aux femmes en trois ans chez Responsible Travel ; +230 % du nombre d’entreprises de voyage conçues pour les femmes ces dernières années selon l’Adventure Travel Trade Association. Ces chiffres portent sur le tourisme en général, pas sur les femmes d’au moins 50 ans. Source : National Geographic, 28 août 2025.

Prudence, quand même : ces chiffres portent sur le tourisme en général, pas sur les femmes d’au moins 50 ans. Aucune statistique publique ne mesure, à notre connaissance, combien d’entre elles rejoignent un cercle, un week-end ou un voyage entre femmes. Ce que les chiffres de l’Insee montrent, en revanche, c’est qu’après 50 ans beaucoup de femmes vivent sans conjoint : le temps et l’envie de se retrouver entre elles, elles les ont.

Ce n’est pas une parenthèse bien-être : c’est une façon de voyager, de se loger, de se parler, qui s’installe.

Ce qu’on vient y chercher

Pose la question autour de toi, les réponses se ressemblent : souffler. Déposer, le temps d’un week-end, la liste des choses à gérer pour tout le monde. Parler sans se justifier. Rire fort. Ne pas avoir à plaire.

Les sciences sociales donnent un cadre à cette intuition. En 2021, un dossier de la revue Métropolitiques, dirigé par les sociologues Camille François, Pierre Gilbert, Narguesse Keyhani et Camille Masclet, analyse l’entre-soi des groupes dominés2. Leur constat : se retrouver entre pairs n’est pas un repli sur soi, c’est souvent un outil, un espace où l’on reprend des forces à l’abri du regard et des rapports de pouvoir habituels.

Se retrouver entre femmes, ce n’est pas se couper du monde. C’est reprendre son souffle avant d’y retourner.

Pour une femme d’au moins 50 ans, l’enjeu de séduction tombe, et c’est précisément ce qui repose. Pas de posture, pas de regard à soutenir : juste la liberté d’être là, telle quelle, avec la bande.

Cercles, week-ends, voyages : les formes que ça prend

Le cercle de parole est la forme la plus ancienne et la plus simple : quelques femmes, une pièce, un sujet, chacune parle à son tour. Autour de ce principe s’est développée toute une offre, des groupes de femmes informels aux cercles plus ritualisés, à Paris comme en région. Le succès du genre se lit jusqu’en librairie : dans Cercles de femmes (Lotus Elephant, 2022)3, Florence Anoushka propose une série de rituels de sororité. Le registre est ésotérique, loin de notre approche, mais le livre dit une chose juste : le besoin de se réunir entre femmes a de nouveau pignon sur rue. Des associations comme Lunité organisent, elles, des cercles et des retraites de femmes4.

Viennent ensuite les week-ends et les voyages. Un week-end entre femmes à la campagne, une retraite bien-être, un voyage organisé entre femmes à l’autre bout du monde : les formules se multiplient. L’idée n’est pas neuve. Dès 2008, l’agence américaine AdventureWomen constatait que l’âge moyen de ses participantes se situait entre 50 et 55 ans5 : partir entre femmes, à cet âge, se faisait déjà. Ce qui a changé, c’est l’ampleur de l’offre, et le fait d’oser. En France, 78 % des femmes n’avaient jamais voyagé seules hors d’Europe en 2020, d’après une étude Ifop pour Tourlane6 : le groupe est souvent le premier pas pour franchir cette porte.

Certaines vont plus loin et imaginent de vivre entre copines au quotidien. L’habitat partagé entre femmes existe déjà : la Maison des Babayagas, à Montreuil, ouverte en 2012 (avec quatre logements pour de jeunes adultes), ou l’Oasis des Babayagas, à Saint-Priest, inaugurée en novembre 20217. Après des années de recherche, la Maison d’Isis à Montauban, portée depuis 2016 par une association de femmes qui rêvent de vieillir ensemble, s’est enfin implantée en 2025.

Du cercle de parole au toit partagé, c’est la même envie qui monte d’un cran à chaque fois : se choisir.

Et si, au fil de ces retrouvailles, une question te traversait à voix basse ? Le quiz de Boom-Boom Rencontres la pose en six questions, avec le sourire : l’homme de ta vie pourrait-il être une femme ?

Après 50 ans, ce qui change

À 20 ans, tu te retrouvais entre copines par habitude, parce que la bande était là. Passé 50 ans, se retrouver entre femmes devient un choix, parfois une reconquête. Les enfants sont grands, le couple a changé de forme ou n’est plus là, le temps se libère : l’agenda n’appartient plus qu’à toi.

Ce qui change aussi, c’est le rapport au regard. Après des années passées à être utile à tout le monde, un espace où personne n’attend rien de toi devient précieux. Le sociologue te dirait que c’est un refuge face aux rapports de pouvoir habituels2. Toi, tu dirais sans doute, plus simplement, que ça fait un bien fou.

Reste une inconnue, et nous préférons le dire : aucune donnée publique ne chiffre la part des femmes d’au moins 50 ans dans ces cercles, ces week-ends et ces voyages. Ce que nous observons, ce sont des offres qui se multiplient et des salles qui se remplissent. Le reste, ce sont des envies, et elles ne se mesurent pas en pourcentages.

Entre femmes : oui, mais qui ?

« Entre femmes », chez nous, veut dire toutes les femmes. Pas de filtre, pas de contrôle à l’entrée, aucune case à cocher pour prouver quoi que ce soit. Une femme qui se sent femme est une femme, point.

Cet esprit, nous le retrouvons dans les mouvements de sororité qui se lèvent pour les femmes, comme dans notre entretien avec Marie Eloy. Se retrouver entre femmes ne veut pas dire se fermer : cela veut dire s’ouvrir un espace où l’on se sent enfin de plain-pied.

Un espace entre femmes n’est pas un club fermé. C’est une porte qu’on s’ouvre à soi-même.

Chez Boom-Boom Rencontres, nous avons fait le pari d’un lieu entre femmes où chacune vient chercher ce dont elle a envie : une bande, une amitié, une complicité, peut-être davantage. Et si, au détour d’un de ces espaces, une amie te troublait un peu plus que prévu ? Le quiz ne te range dans aucune case : il t’invite juste à écouter ce que tu ressens.

Et si on allait un peu plus loin ?

Tu es venue chercher un cercle de femmes, un week-end pour souffler, un voyage pour changer d’air. Tu as peut-être trouvé, en chemin, autre chose : le goût de te choisir.

Un espace entre femmes, c’est parfois un sas. Tu y viens pour l’amitié et la légèreté, et tu en repars avec des questions que tu ne te posais pas. Qu’est-ce que tu as vraiment envie de vivre, maintenant que personne ne décide à ta place ?

Et si on allait un peu plus loin ? La curiosité pour une femme, après 50 ans, est bien plus répandue qu’on ne le dit. Elle n’appelle aucune étiquette, et le mot, si un jour tu en veux un, c’est toi qui le choisis.

Envie d’aller plus loin ?

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Espaces entre femmes après 50 ans : tes questions

C’est quoi, un cercle de femmes ?

Un cercle de femmes réunit quelques participantes autour d’un sujet ou d’une intention, chacune prenant la parole à son tour, sans jugement. Les formes vont du simple groupe de parole aux rencontres plus ritualisées, comme celles décrites dans Cercles de femmes de Florence Anoushka (2022)3. L’esprit reste le même : un espace pour déposer et s’écouter.

Pourquoi tant de femmes voyagent-elles entre elles ?

Pour souffler et se sentir en sécurité, sans enjeu de séduction. La tendance est nette dans le tourisme : en 2024, 71 % des clients de Virtuoso voyageant seuls étaient des femmes1. Et en France, 78 % des femmes n’avaient jamais voyagé seules hors d’Europe en 20206 : partir en groupe est souvent le premier pas.

Se retrouver entre femmes, est-ce se couper des hommes ?

Non. Les sciences sociales décrivent ces espaces entre pairs comme des lieux où l’on reprend des forces, pas comme un repli2. Tu y viens pour toi, puis tu repars vers ta vie, souvent plus solide.

Faut-il avoir un certain profil pour rejoindre un espace entre femmes ?

Chez Boom-Boom Rencontres, non : toutes les femmes sont les bienvenues, sans filtre ni case à cocher. Chacune vient chercher ce dont elle a envie, de l’amitié au grand amour.

Notes

  1. Qin Xie, « How women-only tours are reshaping the way we travel », National Geographic, 28 août 2025 (chiffres de l’Adventure Travel Trade Association, de Responsible Travel et de Virtuoso cités dans l’article). L’article (s’ouvre dans un nouvel onglet) (opens in a new tab)
  2. Camille François, Pierre Gilbert, Narguesse Keyhani et Camille Masclet (dir.), dossier « Espaces non mixtes : l’entre-soi contre les inégalités ? », Métropolitiques, 2021. Le dossier (s’ouvre dans un nouvel onglet) (opens in a new tab)
  3. Florence Anoushka, Cercles de femmes, Lotus Elephant, 2022, 240 pages.
  4. Association Lunité, qui organise des cercles et des retraites de femmes. La page de l’association (s’ouvre dans un nouvel onglet) (opens in a new tab)
  5. The Associated Press, « Girlfriends’ getaways a booming trend in travel », NBC News, 15 avril 2008 (âge moyen des participantes d’AdventureWomen situé entre 50 et 55 ans à cette date). L’article (s’ouvre dans un nouvel onglet) (opens in a new tab)
  6. Étude Ifop pour Tourlane, terrain du 22 au 31 janvier 2020, 1 056 Françaises de 18 ans et plus. L’étude (s’ouvre dans un nouvel onglet) (opens in a new tab)
  7. Pop-up Urbain, « Vieillir entre femmes », lettre de tendances n° 2, mars 2023 ; Maison des Babayagas de Montreuil (ouverte en 2012 : 21 logements pour des femmes de plus de 60 ans, 4 pour de jeunes adultes) et Oasis des Babayagas de Saint-Priest (inaugurée en novembre 2021) ; Maison d’Isis à Montauban (association créée en 2016, implantée en 2025).